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Pourquoi les équipes, les clients… et au fond les humains résistent-ils autant au changement ?

  • Photo du rédacteur: Ingrid Franssen
    Ingrid Franssen
  • il y a 9 heures
  • 5 min de lecture

Le changement crée une perte de contrôle qui fait peur. Avoir connaissance de cela change énormément votre pouvoir d'influence.

Le vrai problème n’est pas toujours le changement

Quand quelque chose bouge, l'humain à peur de perdre :

  • ses repères,

  • ses routines,

  • son sentiment de compétence,

  • parfois même une partie de son identité, ... .

Un changement peut sembler parfaitement rationnel sur le papier. Mais psychologiquement, il peut produire :

  • de l’ambiguïté,

  • de la peur,

  • du cynisme,

  • une perte de confiance,

  • ou un sentiment d’impuissance.

Les recherches montrent d’ailleurs que le niveau d’incertitude pendant les transformations augmente fortement le stress psychologique.

Et surtout, plus l'interlocuteur a le sentiment de subir le changement sans pouvoir agir dessus, plus les tensions augmentent.

Un humain supporte généralement mieux un effort qu’une perte totale de maîtrise.

La sécurité psychologique devient alors centrale

En entreprise, les équipes les plus performantes ne sont pas forcément celles où il y a le moins d’erreurs.

Ce sont souvent celles où les gens osent davantage parler des erreurs. Pourquoi ?

Parce qu’elles disposent d’un niveau élevé de sécurité psychologique : la possibilité de poser une question, signaler un problème, exprimer un doute, demander de l’aide ou challenger une idée sans peur d’humiliation.

Et cela devient fondamental dans les périodes de transformation. Car lorsqu’un changement arrive, les équipes ont besoin de :

  • comprendre,

  • questionner,

  • tester,

  • apprendre,

  • ajuster,

  • parfois contester,

  • essayer,

  • recommencer.

Sans cet espace psychologique, beaucoup d’organisations obtiennent un silence trompeur.

Un silence qui peut ressembler à :

  • de l’adhésion,

  • de la discipline,

  • de l’alignement,

  • voire du professionnalisme.

Alors qu’il s’agit parfois simplement de peur sociale. Et le problème est là : une équipe qui ne parle plus n’est pas forcément une équipe engagée. C’est parfois une équipe qui s’est adaptée au risque relationnel.


Convaincre un client ne consiste donc pas seulement à argumenter. Cela consiste aussi à créer un espace suffisamment sécurisant pour qu’il puisse :

  • poser ses vraies questions,

  • exprimer ses hésitations,

  • dire ce qu’il ne comprend pas,

  • verbaliser ses peurs,

  • ou même désapprouver certains aspects sans se sentir jugé

Et paradoxalement, plus une personne se sent psychologiquement libre dans une relation commerciale, plus elle peut réellement adhérer à une décision.

Parce qu’elle ne subit plus le changement proposé. Elle commence à se l’approprier.

Le cerveau humain tolère mieux un risque compris qu’une incertitude opaque. Les décisions les plus robustes apparaissent souvent quand le client participe cognitivement à la décision. La neuroscience décisionnelle montre d’ailleurs que les décisions humaines restent fortement émotionnelles, même dans les univers réputés “rationnels”.

Le paradoxe des entreprises modernes

Les organisations demandent aujourd’hui :

  • plus d’agilité,

  • plus d’adaptation,

  • plus d’innovation,

  • plus de flexibilité,

  • plus de précautions,

  • plus de vigilance, ...

Mais dans le même temps, beaucoup multiplient :

  • les réorganisations,

  • les changements d’outils,

  • les nouvelles priorités,

  • les restructurations,

  • les urgences permanentes

  • le manque de clarté, surtout.

Le changement imposé semble d’ailleurs coûter beaucoup plus cher que le changement co-construit. Une étude portant sur 84 initiatives dans 52 organisations montre que les stratégies participatives impliquant les employés, une communication transparente et des ressources d’accompagnement réduisent significativement la résistance au changement.

La même étude indique également que les organisations disposant de stratégies complètes de conduite du changement obtiennent 67 % de réussite supplémentaire par rapport aux approches improvisées ou purement descendantes.

Autrement dit :le changement ne se décrète pas durablement. Il se construit.

Le cerveau humain a aussi besoin de mises à jour

Quand vous achetez un ordinateur, vous apprenez progressivement à l’utiliser.

Et surtout, vous faites régulièrement des mises à jour. Sinon le système ralentit, accumule des bugs, devient moins performant,et finit parfois par ne plus pouvoir gérer correctement de nouvelles demandes. Le cerveau humain fonctionne de manière assez proche.

Il accumule :

  • des automatismes,

  • des routines,

  • des croyances,

  • des réflexes de pensée,

  • des schémas appris parfois depuis des années.

Et ces mécanismes sont utiles. Ils permettent :

  • d’aller plus vite,

  • d’économiser de l’énergie mentale,

  • de rendre certaines tâches automatiques.

Mais ils peuvent aussi devenir des freins. Les neurosciences montrent d’ailleurs que le cerveau cherche naturellement à réduire l’incertitude et à préserver les habitudes connues.

Non parce qu’il “refuse” le changement, mais parce que les automatismes consomment moins d’énergie cognitive que l’adaptation permanente même si celle-ci est bonne.

Le problème apparaît quand une personne, une équipe continue à penser :“on a toujours fait comme ça” À partir de là, ce n’est plus l’expérience qui sécurise la performance. C’est parfois elle qui rigidifie le fonctionnement.

Sans mise à jour, le cerveau entre dans des automatismes potentiellement limitants, voire contre-productifs. Les recherches sur la neuroplasticité montrent que le cerveau reste capable de créer de nouveaux circuits et de modifier certains comportements tout au long de la vie. Autrement dit :nous ne sommes pas condamnés à fonctionner éternellement de la même manière.

Mais cela demande :

  • de la conscience,

  • de l’engagement,

  • une responsabilité individuelle dans le changement,

  • et surtout une meilleure compréhension de notre propre fonctionnement mental.

Car le paradoxe est là :nous passons notre vie à utiliser notre cerveau…sans qu’on nous apprenne réellement comment il fonctionne.

Très peu de personnes savent à quel point :

  • le cerveau adore les automatismes,

  • il cherche à économiser de l’énergie,

  • il déteste l’incertitude,

  • il peut confondre habitude et vérité,

  • ou encore transformer des comportements répétés en réflexes quasi invisibles.

Et pourtant, ces mécanismes influencent :

  • nos décisions,

  • notre rapport au changement,

  • notre manière de travailler,

  • notre communication,

  • nos résistances,

  • et parfois même notre perception de la réalité.

Comprendre cela change énormément de choses. Parce qu’à partir du moment où un collaborateur comprend que :“ce que je fais depuis longtemps” n’est pas forcément “la meilleure manière de faire”,il redevient acteur de son évolution au lieu de simplement défendre ses automatismes. Le cerveau n’est donc pas seulement un organe de performance. C’est aussi un système d’adaptation vivant,qui a besoin :

  • d’apprentissage,

  • de remise en question,

  • d’entraînement,

  • de nouvelles références,

  • et parfois de “désapprendre” certaines choses pour continuer à évoluer.

Aujourd’hui, la capacité d’adaptation fait partie du travail

Dans beaucoup d’entreprises, on continue à considérer qu’être payé signifie uniquement produire.

Mais dans des environnements complexes et mouvants, la valeur ne vient plus seulement de l’exécution.

Elle vient aussi de la capacité à :

  • comprendre son impact,

  • adapter ses pratiques,

  • apprendre plus vite,

  • coopérer,

  • remettre certains réflexes en question,

  • évoluer avec le système dans lequel on travaille.

Aujourd’hui, un collaborateur performant n’est plus seulement quelqu’un qui sait faire. C’est quelqu’un qui reste capable d’apprendre, même quand ce qu’il savait faire hier ne suffit plus complètement aujourd’hui.

Comment introduire le changement plus efficacement?

Les leviers les plus solides reviennent presque systématiquement dans les recherches scientifiques :

  • une communication claire,

  • l’implication des équipes,

  • un soutien concret,

  • un leadership transformateur,

  • la sécurité psychologique,

  • de la visibilité sur les étapes,

  • la formation des managers de proximité,

  • faire naître l'emptahie,

  • et la cohérence dans la répétition des messages,

Car oui, la répétition compte. Mais répéter un message inefficace ne le rend pas plus compréhensible. La vraie question est parfois : le message de départ est-il réellement clair, utile et compréhensible pour ceux qui doivent vivre le changement au quotidien ? La réponse est souvent non.

Les recherches montrent également que les approches participatives obtiennent de meilleurs résultats que les approches purement imposées. De la même manière que la multiplication des supports est indispensable.


Mon métier, c’est de réduire les frustrations inutiles qui empêchent les humains et les équipes de bien fonctionner. Vous pouvez me contacter.

 
 
 

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